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Miseria – Maeva Christelle Dubois

Quatrième de couverture

À la Croix-de-Sel, noircie de la violence des eaux, les hommes ne sont rien dans l’histoire des Hommes. Ils traînent leurs existences de misère dans le bleu crasse des raz-de-marée. Sur les rives océanes d’un siècle bouleversé par l’essor des industries, la mer est peu nourricière et la mère ne fait guère mieux… Marcelle, grande âme sacrifiée, peine à subvenir aux besoins de Minot, son mystérieux enfant. Lui, il a le feu dans le sang : il vit dans l’impossible souvenir d’un halo d’or qui l’obsède. Persuadé qu’un monde incandescent l’attend quelque part, à mille lieues des bas-fonds du port, il rêve de s’en saisir pour l’offrir à Marcelle. Justice serait ainsi faite, même si l’ordre des choses ne semble guère se soucier de celle-ci.


Mon avis

A l’instar de son premier roman, L’ode et le requiem, même si les villes ont des noms, nous sommes dans un pays inconnu, à une époque difficile à situer. Et le port de la Croix-de-Sel n’a rien de charmant : les eaux sont sombres, des déferlantes terrifiantes et dévastatrices sont légion, le soleil ne perce que rarement les nuages bas, les habitants tentent de survivre de la pêche. Leur salut vient d’un riche notable de la ville des hauteurs, qui leur achète le fruit de leurs sorties en mer. Le quotidien du village va malheureusement devenir encore plus compliqué lorsque ce dernier disparaît et confie ses entreprises à son fils, plongeant les pauvres gens du port encore plus dans les ténèbres.

Notre héros, le jeune Minot, n’a pas eu une enfance facile. Ses yeux d’or effrayent les gens, sa mère le protège en le cachant mais sera alors prise à partie par les habitants. Minot aimerait offrir à sa mère Marcelle une vie différente, la faire sortir de ce labeur et de cette pauvreté. Au fil des pages, on découvre Minot animé de rêves étranges, lui seul étant persuadé que ces songes ne proviennent pas que de son imagination fertile…

« Noir c’est noir » ! Il n’y a que très peu d’espoir dans ce récit. L’évocation de ces destins tragiques peut s’avérer un peu plombante mais, tout comme dans son premier opus, Maeva Christelle Dubois réitère la prouesse de décrire parfaitement la noirceur avec une poésie incroyable. La jeune auteure nous délivre un récit magnifique et puissant, porté une écriture pleine de lyrisme.  



En résumé

Un roman sombre mais tragiquement beau !

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A propos de l’auteure du roman :

Maeva Christelle Dubois est née en 1992 sur les bords du Léman. Titulaire d’un Master de l’Université de Genève, son parcours l’a conduite à travailler pour plusieurs institutions culturelles et muséales, notamment l’UNESCO, puis la Fondation Martin Bodmer. (source : https://editions-romann.ch/portfolio/maeva-christelle-dubois/)

A propos du livre :

Éditions Romann

Montreux, avril 2022

180 pages



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