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L’Ode et le Requiem – Maeva Christelle Dubois

Premier roman de la jeune Maeva Christelle Dubois, lauréate du Prix de littérature 2020 décerné par la Société Littéraire de Genève, je vous parle aujourd’hui de L’Ode et le Requiem paru aux Éditions Romann.

Quatrième de couverture

Kenshi, jeune comédien mû par l’irrépressible désir de dépasser sa propre insignifiance, éprouve une fascination maladive pour la Mort dont il refuse le caractère inéluctable. 

Dévoré par son arrogance, il s’exile sur les terres quasi désertiques de la région de l’Albe. Dans ce haut lieu de blancheur et de désolation, à deux pas de la montagne éternelle dont les cimes frôlent l’éther, il tente d’apprendre, au fil des saisons, le silence et l’oubli. Son séjour est troublé par l’arrivée d’une violoniste qui lui joue un requiem d’une cruelle beauté. Il se pourrait qu’il trouve, à son contact, une manière de répondre à son insatiable besoin de grandeur. 


Mon avis

Kenshi, comédien dans la trentaine, fuit la ville pour passer une année au Hameau. Dans ce pays imaginaire, la région de l’Albe est une terre lointaine, délaissée. Sur les conseils d’un ami lui-même originaire de ce coin reculé, le jeune homme fait le pari d’y passer de longs mois et espère trouver des réponses à ses doutes permanents sur son besoin de grandeur et sur la Mort, et aussi de tenter de guérir de son arrogance.

Ses débuts dans le Hameau sont compliqués, les habitants ne s’intéressent pas à lui, il ne tisse pas de liens avec eux, voire il se fâche avec certains car il ne partage par les mêmes points de vue et les autres déplorent son arrogance flagrante. Seul Mortimer, le gérant de la pension où loge le jeune homme, lui porte une attention particulière, qui se transformera en amitié. Après quelques mois, dans la pension, Kenshi entend une mélodie jouée au violon, magnifique mais douloureuse. Il fait alors la rencontre de Chara, une adolescente de 18 ans. Une rencontre surprenante mais décisive pour le jeune homme, une rencontre qui va tout remettre en question mais pas comme on pourrait l’imaginer…

Un autre personnage central de ce roman est le Mont de Nivée, cette montagne qui domine le village, un sommet vénéré par les locaux. Elle deviendra aussi une obsession pour Kenshi tant elle est écrasante de par sa beauté et sa puissance.

Une atmosphère très spéciale se dégage de ce roman. Les lieux sont étranges, très brutes, hostiles. Au départ, il a été un peu perturbant pour moi de ne pas pouvoir situer les lieux, étant très attachée à visualiser les choses. J’ai eu aussi un peu de mal parfois à suivre Kenshi dans sa quête de grandeur et dans ses obsessions mais l’auteure arrive à rendre son récit captivant et l’histoire nous emporte. Au fil des saisons, le roman parcourt ces terres arides, hostiles et évoque la beauté mais aussi la dureté de la vie et de la nature. La jeune Maeva Christelle Dubois surprend par la maturité de sa plume envoutante et poétique. L’écriture est travaillée mais sans être lourde ni pompeuse.



En résumé

Un beau roman, qui s’apparente à une quête spirituelle et philosophique, et dont la fin est surprenante !
Le Prix de littérature 2020 décerné par la Société Littéraire de Genève est amplement mérité !  

Informations :

Éditions Romann

Montreux, octobre 2019

212 pages



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