Romans,  Suisse

Augusta – Sophie Barth-Gros



Quatrième de couverture

Qu’est-ce qui pourrait bien lier Augusta, Vera et Margareta ? Pas grand-chose apparemment. Pourtant, leurs destins se croisent dans la Suisse des années 1930. À travers leur regard, leurs échanges, leurs actions, la condition de la femme se dessine en filigrane, l’effervescence artistique et politique précédant la Deuxième Guerre mondiale reprend vie sous nos yeux. Héritiers fortunés, intellectuels croyant à l’heure du changement, domestiques ou jeunes révoltés prennent tour à tour la parole.





Mon avis

Augusta, jeune domestique fribourgeoise, travaille pour Vera Honegger et sa famille dans leur maison de la Junkerngasse à Berne. Un beau jour de mai 1939, ayant fui Paris pour trouver un peu de paix , l’artiste allemande Margareta débarque dans la capitale suisse et prend ses quartiers dans la demeure. Elle amène ses idées et son travail de photographe, s’attachant par la suite à Augusta et lui faisant partager ses virées en quête de clichés, et provoquant en même temps fortement la mentalité bourgeoise de Vera.

A travers l’évocation de ces trois femmes, Sophie Barth-Gros nous offre un voyage dans le temps, dépeignant la Suisse des années 1920-1930. Les chapitres apportent leur lot de flashbacks transportant le lecteur dans des moments-clés des femmes, à l’instar de la jeunesse d’Augusta, dans la campagne gruérienne avant son départ pour Berne ou les séances de psychanalyse de Vera.

Provenant de milieux totalement opposés, les destins si différents d’Augusta, Vera et Margareta se retrouvent liés. A cette époque charnière, les idéologies se télescopent dans cette Europe en proie à la montée du national-socialisme, du fascisme ainsi que la lutte des prolétaires causée par la hausse du chômage après le krach de 1929.

La belle plume de l’auteure nous fait pénétrer dans les salons de cette famille aisée, et dans cette atmosphère si particulière empreinte de discrétion et d’œuvres artistiques. La passion du beau et du monde de l’art qui anime l’écrivaine, enseignante au Centre de Formation Professionnelle Arts à Genève, transpire à chaque page du roman. La construction du récit donne un rythme très agréable à la lecture et la période choisie se révèle très intéressante et nous aide à mieux appréhender la Suisse dans ces temps troublés.



En résumé

Un très beau premier roman !

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A propos de l’auteure du roman :

La Genevoise Sophie Barth-Gros est enseignante au CFP Arts à Genève. Augusta est son premier roman.


A propos du livre :

Editions de l’Hèbe

Charmey, 2022

224 pages



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