L’homme qui n’avait pas assez d’une vie – Douglas Kennedy

Quatrième de couverture
Depuis le décès brutal de son épouse, Andrew Tarbell aimerait se rapprocher de son fils, Jack, avec qui il entretient une relation difficile. Longtemps à la dérive, le jeune homme s’est reconverti en apprenti journaliste dont Andrew suit assidûment les publications. Or voici que Jack dévoile une enquête sur une affaire de plagiat qui fait les gros titres à Hollywood. Le nom du coupable ? Adam Bradford.
Pour Andrew, c’est le choc. Adam est le fils qu’il a abandonné quand il s’appelait encore Ben Bradford et qu’il avait été déclaré mort dans un accident de bateau.
Aujourd’hui, la vérité pourrait bien remonter à la surface, brisant non seulement la vie d’Andrew, mais aussi celle de tous ceux qu’il croyait avoir protégés.
Mon avis
En 2025, trois décennies après sa disparition organisée pour échapper à un drame et à son destin étriqué d’avocat, Ben Bradford est devenu Andrew Tarbell. Après la côte est des États-Unis il est maintenant établi en Californie. Sa femme Anne vient de décéder d’un cancer fulgurant, la vie est devenue compliquée pour Andrew, de même que sa relation avec son fils Jack. À cette période de deuil s’ajoute un événement inattendu : son ancienne identité va soudainement lui revenir en pleine tête, quand Adam, le fils aîné de sa précédente vie, fait la une des journaux, à cause d’un article de blog écrit par Jack, sans que les deux jeunes hommes n’aient connaissance de leur lien fraternel…
Douglas Kennedy revient à un de ses premiers personnages et cette suite de L’homme qui voulait vivre sa vie (Belfond, 1998) tient toutes ses promesses. Dans ce roman extrêmement prenant, on ne peut s’empêcher de frémir pour Andrew, qui après tout ce temps, pensait être à l’abri, sauf que la fuite semble lui coller à la peau. Ses mensonges ne le laissent pas en paix, même à près de 70 ans.
Comme il est compliqué d’anticiper la trajectoire qu’il va adopter pour sauver ses deux fils tout en gardant la face et son intégrité acquise de haute lutte. Cet entremêlement de destins peut paraître parfois confus, l’auteur aurait pu se perdre (et nous aussi) dans les détails mais ce complexe tour de passe-passe est habillement construit et nous tient franchement en haleine.
L’écrivain américain nous livre un texte bien empreint de l’ambiance typique de son pays : les bouchons gigantesques de Los Angeles, les banlieues cossues du Connecticut, les quartiers mal famés de San Francisco, le Montana et ses paysages grandioses… Un vrai voyage au cœur des terres de l’Oncle Sam !
Enfin, une question importante : doit-on avoir lu le précédent livre pour comprendre celui-ci ? Et je donnerai une réponse nuancée. Oui, il est primordial de pouvoir saisir le passif de Ben/Andrew. Mais pour être honnête, ayant lu le premier livre il y a plus de 20 ans et ayant une très mauvaise mémoire quant aux dénouements, mes souvenirs étaient plus que flous, et même erronés ! Heureusement que l’auteur remet les choses dans le contexte et nous rappelle les faits.
En résumé
Un excellent roman !
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À propos du livre
Editions Belfond
Paris, mai 2026
352 pages
Traduit de l’anglais par Chloé Royer


