Polars, thrillers,  Suisse

Les silences de la baie des Trépassés – Olivia Gerig

Quatrième de couverture

Rozenn consacre sa vie à défendre les réfugiés au sein d’une ONG à Genève. Lorsque son père, un juge aussi idéaliste qu’elle, est retrouvé mort dans la baie des Trépassés, elle revient dans la Bretagne de son enfance. Sur la route, un accident la contraint à s’abriter dans un hôtel où séjournent des hôtes énigmatiques: une mère partie en exil pour retrouver son mari, un militaire hanté par ses crimes, des pêcheurs naufragés.

Persuadée que son père a été tué à cause de l’enquête qu’il menait, Rozenn décide de poursuivre ses recherches, épaulée par ses amis de jeunesse et la police. Mais certaines vérités sont dangereuses pour ceux qui s’en approchent.

Mon avis

À l’occasion des obsèques de son père, Rozenn Le Dantec retourne dans sa Bretagne natale. Après un long trajet depuis Genève – où elle vit et travaille –, sa voiture tombe en panne à quelques kilomètres de la maison familiale et la jeune femme est contrainte de demander de l’aide non loin, à l’hôtel de la baie des Trépassés. La brume s’est invitée, il fait déjà nuit et il est trop tard pour obtenir une dépanneuse. Elle devra donc rester là en attendant. Le patron lui propose une boisson chaude dans la salle commune et lui suggère de faire connaissance avec les autres clients, qui s’avèrent venir d’horizons bien différents et avoir tous une histoire particulière à partager… 

La première partie du roman nous invite à naviguer dans une ambiance très singulière, dans cet hôtel étrange servant de décor de huis clos. Tout comme Rozenn, nous sommes bien en mal d’appréhender ce qui est en train de se passer et de voir la direction à venir, mais la jeune Bretonne aura ensuite du pain sur la planche à essayer de comprendre ce qui est arrivé à son père, dont la mort apparaît comme louche.

Dans ce texte dense et fort en émotions et révélations, Olivia Gerig dépeint habillement les destins de ses nombreux personnages, au travers de différentes époques, entre la deuxième guerre mondiale et aujourd’hui. Elle livre des récits de vie compliqués, voire dramatiques, et nous questionne sur des sujets très actuels. Il est question ici de liens familiaux, d’amour, d’attachements aux racines, de résistance, de survie, et d’enjeux mondiaux et d’autres plus locaux. On sent l’écrivaine genevoise également très animée par de tristes considérations humaines mais aussi climatiques et écologiques.

Beau bébé de plus de 500 pages, c’est pourtant avec facilité que l’on dévore ce thriller à l’atmosphère tantôt surnaturelle, tantôt oppressante. J’ai beaucoup apprécié cette lecture originale, portée par une héroïne aux multiples blessures. Habituée à gérer les souffrances des autres dans son travail dans une organisation internationale, Rozenn devra ici affronter ses propres démons et aller de l’avant pour sa quête de vérité et son apaisement.

En résumé

Un très bon thriller qui m’a donné furieusement envie de découvrir la Bretagne !

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À propos du livre

Editions Romann
Lausanne, novembre 2026
532 pages

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