Romans,  Romans suisses

Le garçon qui ne prenait jamais de but – Joël Jenzer

Quatrième de couverture

Été 1977, Liverpool Football Club.

Un gardien qui n’a jamais encaissé le moindre but.

Un gardien invincible.

Il affronte l’immense Johan Cruyff, qui a bien l’intention de le battre.

Il s’affronte surtout lui-même.

Un match de football ? Le grand match de la vie avant tout.

Ou quand invincible ne signifie pas forcément invulnérable.



Mon avis

En ce 16 août 1977, le climat anglais est étonnement ensoleillé pour le match amical opposant Liverpool à la sélection de Catalogne. Le garçon – dont on ignore le nom – est pour la première fois sur le terrain en remplacement du gardien titulaire, le fameux Ray Clemence. Le jeune écossais de 18 ans aurait pu intégrer le Celtic, la formation de sa ville natale Glasgow, mais grâce à l’aide de son parrain, un célèbre agent de joueurs, il a finalement rejoint les Reds de Liverpool. Son destin n’est pas uniquement le fait du piston de son mentor, il doit aussi sa place à son talent qui fait mouche : il est invincible ! Depuis le temps qu’il garde une cage, il n’a jamais pris un seul but ! Et ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer, malgré le fait qu’il affronte les frappes du redoutable Johan Cruyff. Car oui, même si le garçon est un personnage fictif, tous les autres footballeurs cités sont bel et bien connus.

Galvanisé par son parcours sans faute, son ambition démesurée lui fait convoiter la place de meilleur gardien du monde, la fortune, la gloire, la plus belle femme de Glasgow, rien que ça ! Et force est de constater qu’il a de grandes chances d’y parvenir, grâce à ce don inexplicable qui le rend imbattable.

Joël Jenzer a su me captiver par son récit atypique et par son concept très original : ce roman très ramassé – d’une petite centaine de pages – se lit d’une traite, au rythme du match, minute par minute. Au cours de la rencontre, dans les temps morts, l’esprit du jeune écossais part et il se remémore son enfance, évoquant ainsi ses parents et surtout ce père qui n’a pas réussi dans le foot et a fini par sombrer dans l’alcool, abandonnant sa famille. A la mi-temps, un journaliste donne au garçon une lettre laissée par son parrain, missive lue pendant la pause au vestiaire et qui va tout remettre en cause…

Si au départ on pense lire un simple roman sur le ballon rond et ses coulisses, Joël Jenzer va au-delà et nous livre un message plus profond que le résumé ne peut le laisser présager. Il en ressort une réflexion sur les décisions que nous pouvons prendre à des moments cruciaux de nos existences et le chemin que peut prendre la vie. Et en évoquant tous ces joueurs de légende, le Valaisan apporte son hommage à un certain football encore noble et viril, bien loin des icônes lisses actuelles.

Ces derniers temps, mes lectures m’amènent à chaque fois à sortir de ma zone de confort ! Même si j’aime bien le foot, principalement lors de grands tournois, je suis très loin d’être une experte, et encore moins lorsqu’il s’agit des années 70. Mais au final, l’auteur a su me tenir en haleine et j’ai beaucoup apprécié ces 90 minutes de match en compagnie de ce garçon particulier et de son univers.



En résumé

Ce petit roman a été une excellente surprise !

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A propos de l’auteur du roman :

Né en 1968 à Martigny, Joël Jenzer est journaliste à la rubrique culturelle du quotidien Le Nouvelliste en Valais. Le garçon qui ne prenait jamais de but est son quatrième roman.

A propos du livre :

Editions Slatkine

Genève, août 2022

116 pages





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