Hulda – Ragnar Jónasson

Quatrième de couverture
Un soir de novembre 1980, un ours en peluche refait surface dans un pavillon de chasse du nord islandais. Ce simple jouet pourrait être la clef d’un mystère volontairement enfoui : une disparition d’enfant vieille de vingt ans, jamais élucidée. La jeune inspectrice Hulda Hermannsdóttir est envoyée dans cette vallée isolée.
Dans un paysage hivernal hostile, Hulda affronte les silences d’un village replié sur lui-même, en même temps que la poursuivent les fantômes de sa propre vie.
Mon avis
Jeune trentenaire et maman d’une fillette de 6 ans, l’inspectrice Hulda Hermannsdóttir est ambitieuse. Elle aime son travail et souhaite prendre du galon au sein de la police criminelle de Reykjavík.
Nous sommes en 1980 et Hulda espère beaucoup pouvoir résoudre le cold case qui a secoué l’Islande le soir du réveillon vingt ans plus tôt. Un bébé a été enlevé au domicile de ses parents en 1960, aucun indice n’a jamais permis de le retrouver, mais son nounours a été découvert dans une cabane, à des centaines de kilomètres de là, il y a peu.
Avec sa jeune collègue Álfrún – qu’elle n’apprécie guère –, Hulda se rend proche de Blönduós, dans le nord-ouest de l’Islande, pour suivre cette piste qui relance cette vieille affaire.
Ce nouveau polar de Ragnar Jónasson est en réalité le dernier tome des enquêtes de Hulda. Il n’est vraiment pas dans mes habitudes de commencer une série par la fin mais l’ordre des histoires est totalement inversée par rapport aux dates de parution. Donc si vous souhaitez suivre la chronologie de la vie de la jeune femme, je vous conseille donc de les lire comme ceci : Hulda, La dernière tempête, L’île au secret, La Dame de Reykjavík.
Dans ce livre bien ancré dans le passé, il est question de la place des femmes dans la police et dans la société en général. En ce temps-là, les mentalités sont encore bien rétrogrades mais les choses commencent à bouger, en témoigne notamment l’élection de la première femme présidente en Islande (et au monde !) en 1980.
Je n’ai pas toujours été convaincue par les récits de l’auteur mais ce dernier me réconcilie avec lui. Bien que l’intrigue ne soit pas spécialement rythmée, il s’opère toujours quelque chose avec les romans policiers islandais. Cela a sûrement à voir avec l’ambiance particulière, la nature brute, les terres isolées, le climat et les gens taiseux.
Vu l’époque, les policiers ne bénéficient pas de la technologie actuelle, les recherches sont plus compliquées, s’y ajoutent la météo capricieuse et la configuration des lieux reculés ne leur facilitant pas la tâche. Une piste semble se dessiner mais le romancier réussit à brouiller les pistes, et à nous surprendre dans les dernières pages, donnant encore plus de relief à ce texte aux allures de huis clos.
Une chose est sûre : je me réjouis déjà de continuer les aventures de Hulda, une héroïne attachante et sensible.
En résumé
Un excellent polar islandais !
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À propos du livre
Editions de La Martinière
Paris, mars 2026
352 pages
Traduit de l’islandais par Jean-Christophe Salaün
Ordre des tomes selon les dates de parution
À noter que la chronologie des histoires est totalement inversée
1. La Dame de Reykjavík
2. L’île au secret
3. La dernière tempête
4. Hulda


